Un pays pour mourir : Abdellah Taïa raconte un Paris froid et raciste

Un pays pour mourir évoque avec tendresse et amertume les vies brisées qui s'échouent dans un Paris froid et raciste.



« Le temps de la lutte est fini », songe Zahira, prostituée en fin de carrière, en se souvenant de la maladie de son père et de sa mère, cette « dictatrice épanouie, en majesté » qui rejeta son premier amour, Allal, parce qu'il était, comme eux, pauvre mais noir. « Demain, je les emmerderai tous. […] Je vais la bichonner, ma haine », déclare Aziz à Zahira, la veille de l'opération où il deviendra Zannouba, la femme qu'il a toujours rêvé d'être, depuis que ses sœurs l'habillaient en fille, depuis la déchéance, ce jour où il fallut renoncer à « la tentation du rouge à lèvres » pour « porter le masque de l'homme », d'humiliation en humiliation, dans la solitude : « On voyait bien que je me retirais du monde, mais personne n'est venu me tendre la main »« J'ai rêvé, moi aussi », écrit Mojtaba à sa mère, pour lui expliquer qu'il a dû fuir l'Iran, car homosexuel, car correspondant de The Guardian, car il a manifesté en 2009, et pour lui raconter comment Zahira l'a fraternellement recueilli pendant le mois de ramadan.

Frères de solitude

Quel est ce « pays pour mourir » où se retrouvent ces personnages aux vies brisées ? Est-ce l'Algérie où Aziz a connu l'ivresse du travestissement et l'horreur du viol ? Est-ce la Salé natale de Zahira, hantée par les souvenirs de son père qui a fait l'Indochine et qui évoque inlassablement Zineb, sa sœur dont on ne sait rien, ni si elle est encore en vie, dont on sait seulement qu'on ne la reverra jamais ? Est-ce ce Paris si froid, si hautainement intellectuel, si bourgeois, si blanc et raciste, où les immigrés arabes et musulmans se consument de misère et de désespoir ? Ou encore l'Inde lointaine dont rêve Zineb, l'Inde patrie de Nargis, cette comédienne dont elle veut suivre les pas ? Elle qui n'aspire qu'à faire aussi « ce qu'elle fait devant la caméra. […] Recevoir la lumière. Me placer bien comme il faut dans cette lumière. Oublier les autres. Laisser une autre vie me pénétrer, sortir de moi, de tout ce qui est moi ». Car pour Zineb, « aller en Inde, répondre à cet appel, ce sera enfin entrer dans ma vie. Ma vraie vie ».

Zahira, Aziz-Zannouba, Mojtaba, Allal et même Zineb sont frères et sœurs de solitude et d'errance. Leurs histoires se répondent, comme si elles étaient les reflets ou les échos l'une de l'autre. Abdellah Taïa les entraîne dans le mouvement de cette danse à trois temps par lequel ils se révèlent dans leur intimité et leur humanité. Partout, ils sont exclus parce que pauvres, marginaux, arabes ou musulmans. Mais c'est avec tendresse que le romancier et cinéaste les dépeint. Sans misérabilisme. En insistant sur leurs espoirs. Malgré sa profession, Zahira pourra-t-elle épouser Iqbal, le blanchisseur pakistanais, et avoir la chance de Naïma, qui a rencontré l'amour sur le tard ? Et Zannouba, parviendra-t-elle à se réconcilier avec elle-même ? Et Mojtaba, trouvera-t-il la paix à Londres ou à Stockholm ?

Entre questions et espoirs

C'est un roman intimiste que nous livre Abdellah Taïa. Sans esquiver la violence que subissent, dans ces marges douloureuses, ses personnages, il n'insiste pas sur le sordide, ne fait pas entendre de tonalité pessimiste, ne les condamne surtout pas. Au contraire, il souligne leur humour, leur truculence, leurs passions. Il fait éclore les graves questions que se pose chacun : « La mort peut-elle s'apprendre ? » ; qu'est-ce qu'être une femme, si l'opération n'ôte pas «  le côté viril qui coule encore en moi » ? Gabriel abandonnera-t-il la France comme Zineb a abandonné le Maroc ? Et par le mouvement du souvenir, par la transe aux multiples couleurs et les sorciers – le juif des Halles, le berbère de Gennevilliers et celui d'Azilal, pour les cas les plus graves –, par l'évocation d'Isabelle Adjani ou la rupture du jeûne au Luxembourg, par leurs dialogues sincères et parfois truculents et leurs histoires pleines d'espoir, il déploie leurs rêves d'amour, de voyage et de fraternité. Un roman mélancolique et tendre, où l'on retrouvera la fraîcheur du Rouge du Tarbouche. L'inquiétude et une trame politique en plus.  

Tel Quel

Abdellah Taïa : « Les musulmans doivent être courageux et se regarder nus »

Né au Maroc, Abdellah Taïa, 41 ans, est écrivain (L'Armée du Salut, 2006, Le Jour du roi, 2010, tous deux parus au Seuil) et cinéaste (L'Armée du Salut, 2013). Joint par Le Monde, il réagit aux attentats.




« Au-delà de l'attaque, condamnable, abjecte – cela va de soi –, et maintenant qu'a eu lieu cette séquence d'émotion réjouissante de dimanche 11 janvier, où quelque chose de l'ordre de la fraternité s'est exprimé, traversant les différents courants et contradictions de la société française, un réel débat est nécessaire.


La première partie du débat concerne la France : il va falloir se demander d'où viennent ces individus qui ont commis les attentats, qu'est-ce qui les a produits. Ils sont nés en France. Ils sont le résultat d'une certaine politique pratiquée en France. Cela pose la question de l'intégration de l'immigration, de comment on a traité une population immigrée, ce à quoi on lui a donné accès ou pas. Ca ne veut évidemment pas dire qu'il y a un effet de cause à effet direct.


La seconde question, plus importante pour moi qui suis arabe et musulman, attaché à l'islam, c'est de savoir comment les musulmans vont réussir, ou pas, à sortir de ce piège que leur tend le terrorisme islamiste, qui agit en leur nom depuis des décennies. Jusqu'à présent, les musulmans ont toujours répondu : "L'islam, c'est pas ça ! Ca, c'est les terroristes." Ce leitmotiv devient vide de sens. C'est presque un behaviourisme, répété pour tranquilliser je ne sais quoi chez l'autre. Et, du coup, le problème n'est pas traité.

Je dis cela en faisant abstraction de ce que toute une société peut imposer de dire ou de faire aux musulmans. Il faut que d'eux-mêmes, ils acceptent qu'il est temps de révolutionner l'islam – on est en 2015, bordel de merde ! –, de remettre en cause cette idéologie imposée par je ne sais qui, qui vient du wahhabisme du XVIIIe siècle… Et cela quelle que soit la responsabilité, énorme, de l'Occident, et de la colonisation. Ces questions sont évidemment d'une très grande importance, et il est indispensable qu'elles soient traitées très sérieusement.


Mais moi, en tant que musulman, en tant qu'homosexuel musulman, je dis que les musulmans ne peuvent plus se cacher derrière la simplification et la dénégation. Bien sûr, des gens peuvent récupérer ce que j'exprime ainsi, mais il ne faut pas s'en soucier. Il n'y a que comme cela que les musulmans pourront se sauver.

Même dans la situation où ils sont en France, en Occident, où ils sont terriblement stigmatisés, les musulmans n'ont pas le luxe de rester dans le coin qu'on leur réserve et de se complaire dans une logique victimaire. A un moment, ils doivent être courageux et se regarder nus. Il y a un rapport à la question religieuse, qui est de l'ordre de l'autocensure, dans ces petits interdits de pensée, qui contribuent au terrorisme ordinaire. Il y a des rapports de cause à effet. On est responsables. Je suis responsable. Moi-même, j'ai dû me soumettre. Peut-être que je n'ai pas été courageux, et c'est honteux de devoir l'avouer.


Il y a quelque chose de l'ordre de l'intimidation permanente : "C'est comme ça l'islam, t'as pas le droit de faire ça, de dire ça, sinon t'es un mécréant." De l'autre côté, il y a tout ce qui est véhiculé autour de l'islam en France, l'islamophobie, qui ne peut s'apprécier indépendamment du contexte politiqueAcculer des immigrés, qui à la base ne sont pas très bien traités, c'est jouer avec le feu. Tout cela est d'une complexité vertigineuse… Mais il faut que les musulmans se ressaisissent. Ils ne peuvent plus se permettre de se taire, de se résigner.


Souvent, on pense que dans la civilisation musulmane, il n'y a jamais eu de moment de réelle rébellion, de liberté. Mais c'est faux. Lisez Les Mille et Une Nuits, qui est rempli de transgression, de liberté, de sexualités de toutes sortes, et de résistance à des menaces de mort… Pourquoi un peuple qui a fait de ce livre le rival du Coran se comporte-t-il comme s'il ne l'avait pas lu ? »


Le Monde

«L’homosexualité dans les pays musulmans», une émission à (ré)écouter sur RFI


Du Pakistan à l'Iran en passant par l'Égypte, Frédéric Martel et Marie de Douhet apportent leur analyse sur la situation.

Invité.e.s de l'émission d'Emmanuelle Bastide 7 Milliards de voisins sur RFI, Frédéric Martel, auteur de Global Gay, et Marie de Douhet qui a co-réalisé les deux reportages sur l'homosexualité au Pakistan diffusés récemment sur Canal+ ont fait part de leur analyse et de leurs observations sur les différentes situations des LGBT dans les pays musulmans.

Comme le rappelle Frédéric Martel, les lois qui criminalisent les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont un héritage de la colonisation: «L'Occident n'a pas amené l'homosexualité mais l'homophobie», observe-t-il, rappelant que les articles de loi en question sont quasi similaires dans ces différents pays. Et justement comment est donc perçue l'ouverture en Occident de nouveaux droits aux personnes LGBT? Sur la question du mariage pour les couples de même sexe, Marie de Douhet, qui a enquêté au Pakistan pendant les débats en France, affirme que cette question n'est pas à l'ordre du jour: «Les Pakistanais ne se sentent pas concernés. Ce n'est pas la priorité, ils vivent bien cachés, et ne font pas leur coming-out», explique-t-elle. De ce fait, il existe très clairement une distinction entre le fait d'être gay, de le définir comme son identité, et donc l'appartenance à un groupe, et avoir des pratiques sexuelles avec des hommes.

Plus tard dans l'émission, un débat naît entre les deux intervenant.e.s, lorsque Frédéric Martel critique les témoignages mis en avant dans le reportage de Marie de Douhet, qui selon lui jouent la carte du sensationnalisme, en montrant des hommes qui ont été abusés sexuellement durant leur enfance, ou nécessairement attirés par des hommes parce que frustrés sexuellement ou incapables d'avoir une sexualité dite normale. Il dresse le parallèle avec les images de la Marche des fiertés diffusées communément par les télévisions pour illustrer l'événement.

Quels pourraient être les moyens d'actions pour faire avancer les choses au Pakistan? questionne en conclusion Emmanuelle Bastide. Pour Marie de Douhet, sensibiliser dès le plus jeune âge apparait comme un levier efficace: «L'éducation, élever les enfants avec l'idée que l'homosexualité n'est ni une maladie, ni un crime», affirme-t-elle, citant au passage la sortie récente d'un manuel de petites histoires adressées aux enfants pour lutter justement contre l'homophobie.

Une émission à écouter sur le site de RFI.

Yagg

Procès pour "homosexualité": Réduction de peine pour deux personnes poursuivies à Al Hoceima

PRISON

CONDAMNATION - Un tribunal d'Al Hoceima a réduit la peine de prison de deux personnes poursuivies pour "homosexualité" qui avaient été condamnées en première instance à trois ans de réclusion, ont rapporté mardi des médias.

Un élu local et un étudiant de la région d'Imzouren (18 km au sud d'Al Hoceima), condamnés en première instance à trois ans de prison ferme chacun, ont vu leur peine réduite respectivement à un an et à six mois de prison ferme, selon le site du quotidien Akhbar Al-Yaoum.

Ils étaient poursuivis pour "homosexualité", "attentats à la pudeur" et "tentative de corruption", selon la même source.

La police avait arrêté ces deux personnes le 13 décembre dans le véhicule de fonction de cet élu alors qu'ils étaient "en train de s'adonner à des ébats sexuels", selon l'accusation citée dans un communiqué de l'Association Rif des droits humains (ARDH, indépendante).

Dans une déclaration à l'AFP, le secrétaire général de l'ARDH, Chakib Alkhayari, a estimé que ce jugement "même allégé reste sévère", estimant que le "pacte international relatif aux droits civils et politiques" considère la criminalisation de l'homosexualité comme une "forme de discrimination".

L'article 489 du code pénal punit tout acte sexuel entre deux personnes de même sexe d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.

HuffPost Maroc

Egypte: 26 hommes accusés d’homosexualité jugés pour « débauche »

egypte


Le procès, qui n'a duré que quelques minutes dimanche, a été ajourné au 4 janvier.


Vingt-six hommes accusés d'avoir organisé ou participé à des « orgies homosexuelles » en Egypte ont comparu dimanche 21 décembre pour « débauche »,quinze jours après leur interpellation dans un hammam du Caire. Les prévenus, certains en larmes, tentaient de dissimuler leur visage en gardant la tête baissée alors que des policiers les faisaient entrer dans le box grillagé d'un tribunal du Caire, selon un journaliste de l'AFP.

« Je suis innocent, je jure que j'étais dans le hammam pour des soins thérapeutiques, » a indiqué à l'AFP l'un des accusés, en pleurant. « Tous les jours, ils nous frappent et nous obligent à dormir à plat-ventre », a affirmé un autre prévenu décrivant les humiliations policières. Les 26 hommes ont été interpellés le 7 décembre dans un hammam public du quartier d'Azbakeya, dans le centre du Caire. Parmi les prévenus se trouvent le propriétaire et quatre employés du hammam, qui sont jugés pour « administration d'un lieu de débauche » et pour « avoir incité et facilité la débauche d'autrui. » Les 21 autres sont accusés de « débauche et d'attentat à la pudeur. »

Le procès, qui n'a duré que quelques minutes dimanche, a été ajourné au 4 janvier. Une animatrice de télévision, Mona Iraqi, s'était targuée d'avoir dénoncé les activités du sauna à la police, après avoir découvert l'existence du hammam au cours d'une enquête sur le sida et la prostitution pour son émission d'investigation.

« Notre honneur est en jeu, (ce procès) va détruire toute la famille », a indiqué à l'AFP le proche de l'un des prévenus, peu avant le début de l'audience, accusant Mme Iraqi d'avoir « fabriqué l'affaire. » « Tout ça, c'est à cause d'une journaliste qui cherche la célébrité au détriment de la vie d'autrui, » a-t-il ajouté. Si la loi égyptienne n'interdit pas formellement l'homosexualité, plusieurs personnes ont été condamnées pour « débauche » ces dernières années, accusées d'avoir pris part à des fêtes rassemblant des homosexuels. En novembre, un tribunal du Caire a ainsi condamné à trois ans de prison huit jeunes hommes accusés d'être apparus dans la vidéo d'un « mariage gay ». Un sondage publié en 2013 par le centre de recherches américain Pew a révélé que seuls 3% des Egyptiens estimaient que « la société devait accepter l'homosexualité ».

AFP

Pourquoi les jihadistes de Daesh s’en prennent aux homos


Lapidations, jet du haut d'un immeuble… Pour Yagg, le chercheur et spécialiste de l'islam Olivier Roy décrypte pourquoi l'État islamique médiatise les assassinats de personnes homosexuelles.

Au cours des dernières semaines, trois personnes que Daesh (ou État islamique) dit homosexuelles ont été assassinées en Syrie. Deux d'entre elles ont été lapidées, la troisième a été jetée du haut d'un immeuble. Des exactions filmées et relayées par les jihadistes, alimentant un climat de peur et de terreur. Directeur de recherche au CNRS, Olivier Roy est un spécialiste reconnu de l'islam politique. Il a récemment publié un livre d'entretiens intitulé En quête de l'Orient perdu. Yagg l'a interrogé pour mieux comprendre les ressorts et les enjeux des exactions homophobes commises par les jihadistes.

Y a-t-il une justification religieuse à l'assassinat de personnes homosexuelles? Les jihadistes sont dans un imaginaire religieux classique. Le califat qu'ils ont créé se veut fondé sur la foi. Leur territoire, où l'on applique la charia, a des limites qui varient en fonction des conquêtes et ignore les frontières étatiques et les États-nations. Dans le Coran, le principe de base est une condamnation de l'homosexualité perçue comme une abomination. Mais les interprétations divergent sur le fait d'infliger la peine de mort aux personnes homosexuelles. On trouve par ailleurs hors du Coran des prescriptions indiquant qu'il faut abattre un mur sur les personnes ayant des relations avec des personnes du même sexe, d'où le fait de pousser une personne du haut d'un immeuble. Dans ces groupes jihadistes, on choisit l'interprétation la plus dure.

Pourquoi Daesh livre-t-il aux médias des vidéos d'exécutions de personnes présentées comme homosexuelles? L'un des objectifs est de susciter la terreur par la mise en scène. Plus c'est spectaculaire, mieux c'est. Ils cherchent à créer la terreur chez leurs adversaires comme le faisaient auparavant les Mongols. Le message, c'est: soumettez-vous ou vous serez égorgés et subirez le même sort. Mais quand on regarde les images, on se rend compte qu'il y a aussi un côté mafieux en unissant les combattants par un pacte de sang. Tout est fait pour mouiller le plus grand nombre d'entre eux dans le crime. Ils se voient comme des «purs» et ceux qui ne suivent pas sont soupçonnés d'être tièdes. S'en prendre à l'homosexualité ne fait pas partie de leurs priorités – ils visent plutôt les chiites et les yézidis – mais participe à leur fantasme de purification qui s'exprime au travers du jihad, des attentats-suicide et en infligeant la mort aux pécheurs.

La situation des personnes homosexuelles n'était déjà pas idyllique dans cette région. N'y a-t-il pas une entente objective entre Daesh et les États de la région sur le sort de ces personnes? Il y a en effet un point commun entre les États et Daesh sur la construction juridique de l'homosexualité. Pour les jihadistes, celle-ci est une invention occidentale sioniste. Autrefois, elle était plus ou moins approuvée culturellement, mais l'important était pour l'homme d'être l'actif dans la relation sexuelle et surtout pas efféminé. Le thème de l'importation étrangère a débuté en Égypte dans les années 90 et l'homosexualité y a été pénalisée et pensée juridiquement en s'appropriant la conception européenne. Il y a eu comme un effet de miroir par rapport à l'Occident. Depuis une dizaine d'années, on assiste à une mise en avant des personnes homosexuelles, ce qui n'existait pas auparavant. Mais la pénalisation n'est pas allée de soi dans la société. Il y a quelques années au Maroc, une polémique a éclaté après la diffusion d'une vidéo où un homme était habillé en femme. Il s'agissait en fait d'une tradition locale pour conjurer un djinn.

Les exactions à l'encontre des personnes homosexuelles pousseront-elles la communauté internationale à intervenir militairement? Personne ne veut envoyer de troupes au sol, sinon on l'aurait déjà fait. Le droit d'ingérence et l'intervention humanitaire peuvent entraîner des complications et pour l'instant, il s'agit surtout de soutenir les acteurs locaux. Les crimes homophobes s'ajoutent au livre noir contre Daesh, mais il n'y aura pas d'intervention pour les personnes homosexuelles puisqu'il n'y en a pas eu pour les yézidis. De toute façon, on ne fait pas du social avec des militaires: en Afghanistan, les femmes portent toujours le tchador.

Yagg

Assassinat d’Ihsane Jarfi: le verdict est tombé

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Le meurtre barbare avait bouleversé la Belgique. Dans la nuit du 22 avril 2012,Ihsane Jarfi, un jeune gay de 32 ans, avait été tabassé et laissé pour mort sur le bord d'une route, après une soirée arrosée à Liège. Il avait succombé au terme de plusieurs heures d'agonie. Son corps n'avait été retrouvé que neuf jours plus tard.

Les quatre hommes âgés de 30 à 36 ans poursuivis pour ce crime ont été condamnés aujourd'hui par la Cour d'assises de Liège. Trois d'entre eux écopent de la perpétuité pour assassinat avec circonstance aggravante d'homophobie, le quatrième de 30 ans pour meurtre. «On s'est comportés comme des animals» (sic), a reconnu ce dernier pendant l'audience.

Les douze jurés n'ont pas cru à la version des accusés, qui disaient avoir réagi violemment à des avances de la victime. Jarfi a été attiré délibérément dans la voiture de ses tortionnaires, décrits comme asociaux, agressifs et calculateurs. Deux d'entre eux avaient été précédemment condamnés pour une attaque sur un handicapé mental.

Source: 360 CH