Hassan Jarfi: "Mon fils a toujours été gay. Il n'a pas choisi, il s'est assumé"

C'est Hassan Jarfi, le père d'Ihsane, qui préside la fondation Jarfi, une fondation qui a pour but de lutter contre les violences homophobes.

C'est Hassan Jarfi, le père d'Ihsane, qui préside la fondation Jarfi, une fondation qui a pour but de lutter contre les violences homophobes.


Ce mercredi, un des quatre accusés du procès Jarfi a surpris la cour d'assises de Liège, en avouant une partie des faits. Jérémy Wintgens a reconnu avoir donné deux coups de poing à la victime. Jusqu'ici, cet accusé était resté flou sur son rôle. Ce procès, qui va se poursuivre au moins un mois, c'est aussi l'occasion pour la fondation Jarfi de se faire connaitre auprès du grand public. Elle a organisé mercredi soir un premier événement à Liège: un concert "Musique contre barbarie", destiné à lever des fonds pour financer des projets contre la discrimination.

Cette fondation est présidée par le père d'Ihsane Jarfi, Hassan, qui a été professeur de religion islamique. Nous lui avons demandé comment, en tant que musulman, il avait accepté l'homosexualité de son fils: "Mon fils était depuis sa naissance homosexuel. Il n'a pas choisi. Il a lutté contre ça, il s'est posé des questions. Je sais qu'il a souffert à un certain moment. Et à la fin du compte, il a réalisé qu'on ne choisit pas d'être homosexuel, et il s'est assumé. Il n'avait pas de complexe d'être homosexuel. Il vivait normalement, il croquait la vie à pleines dents".

Pour Hassan Jarfi, on ne peut utiliser la religion pour justifier un acte aussi cruel: "C'était quelqu'un qui réfléchissait, qui était responsable de son travail, responsable de ses parents, de sa famille, il adorait les neveux, les nièces, c'était le fils intègre. On ne peut pas faire intervenir la religion pour justifier un acte aussi barbare que celui-là. C'est très facile d'aller tuer la voisine et de dire simplement parce qu'elle est mécréante, son argent m'appartient et comme moi je suis croyant, en faisant cela, j'irai au paradis. Ça, ce n'est pas possible".

Video: http://www.rtbf.be/video/embed?id=1974236# 

François Braibant

"LES JEUNES ET LE SIDA", THÈME DU 5ÈME SIDACTION MAROC


La 5ème édition de Sidaction Maroc, initiée par l'Association de lutte contre le sida (ALCS), sera organisée du 1er au 24 décembre prochain sous le haut patronage de SM le Roi Mohammed VI avec pour cible cette année les jeunes qui sont le plus exposés à la maladie d'immunodéficience acquise, ont annoncé les organisateurs lors d'une conférence de presse tenue mardi soir à Casablanca.

Le choix du thème « Les jeunes et le Sida » pour la campagne nationale de 2014 est dicté par le fait que 51% de ceux qui ont contracté le virus du Sida au Maroc, dont 30% de la population est constituée de jeunes, sont âgés entre 15 et 34 ans, ont d'emblée souligné les intervenant lors de ce point de presse.

Lors de cette campagne nationale, l'Association de lutte contre le sida organisera des campagnes de sensibilisation dans les établissements publics d'enseignement (lycées et universités), ainsi qu'une opération de collecte de dons au sein de ces établissements, font-ils savoir. Et de relever que Sidaction Maroc, qui est une campagne nationale organisée tous les deux ans, afin de sensibiliser les citoyens sur les dangers de la maladie d'immunodéficience acquise et de collecter des fonds pour soutenir la lutte contre ce virus à travers des programmes de prévention, cible cette année en particulier les jeunes, car l'Association est pleinement convaincue que la sensibilisation des jeunes quant aux dangers de la pandémie contribuerait inéluctablement à leur protection.

A travers Sidaction Maroc, les organisateurs comptent sensibiliser les citoyens à faire des analyses et à prendre en charge les personnes vivant avec le sida, ainsi qu'à lutter contre la marginalisation, la discrimination et la stigmatisation des personnes porteuses du virus et des groupes les plus vulnérables. Cette campagne nationale s'articule autour d'une émission spéciale avec la participation de nombreuses personnalités et artistes. L'émission, produite par 2M, sera diffusée le 19 décembre en direct sur la chaîne et sera présentée par Choumicha et Ali Baddou. D'autres programmes spéciaux traitant du même sujet seront également diffusés sur la première chaine de télévision Al Oula, les radios, à noté que pour la première fois la compagne Sidaction sera relayée avec force sur les réseaux sociaux afin toucher plus de jeunes. Pour l'occasion, plusieurs actions et une campagne de communication de grande envergure seront également mises en place.

Force est de souligner que cette nouvelle campagne vient à un moment où l'ALCS a préparé un Plan stratégique pour la période 2014 -2017, en consultation avec ses militants, les personnes vivant avec le VIH/Sida et des acteurs marocains et étrangers. Le Plan se concentre sur les actions tendant à renforcer la prévention du virus, à prendre en charge les personnes atteintes du sida et à continuer à faire face à la stigmatisation et à la discrimination qui affecte les personnes et les groupes les plus vulnérables vivant avec le VIH. L'ALCS a aussi reçue Le Label Responsable de la part de Vigeo dans le cadre d'une mission d'audit.

La stratégie met également l'accent sur l'amélioration de la couverture préventive pour les groupes vivant dans les zones les plus touchées et le renforcement de l'accès de ces personnes aux services de prévention et de traitement, ainsi qu'aux médicaments nécessaires, outre l'amélioration de leurs conditions de vie.

Le ministère de la Santé estime que le nombre de nouvelles infections du VIH/Sida au Maroc continue d'augmenter, atteignant à la fin de 2013 environ 31.000 personnes vivant avec la maladie.

Dans le monde, le nombre de morts du sida avait enregistré en 2013 sa plus forte chute depuis le pic de l'épidémie en 2005, avec 1,5 million de victimes. L'Onusida, programme de l'Organisation des Nations unies sur le VIH, souligne qu'il y a eu 200.000 morts de moins liées au virus du sida cette année. Depuis neuf ans, il recule régulièrement de 100.000 par an en moyenne. Les nouvelles contaminations concernent en très grande majorité l'Afrique subsaharienne, qui reste la région la plus touchée par le virus, avec 1,5 million de nouvelles infections l'an dernier, dont 210.000 enfants.

Selon un rapport de l'ONUSIDA, les trois quarts des nouvelles infections enregistrées en 2013 étaient concentrées dans 15 pays seulement : Afrique du Sud, Brésil, Cameroun, Chine, Etats-Unis, Russie, Inde, Indonésie, Kenya, Mozambique, Nigeria, Tanzanie, Ouganda, Zambie et Zimbabwe.

LNT avec agences

L’association franco-maghrébine Ahluna sert-elle de pantin à la «Manif pour tous»?


Pas de site Internet, pas de numéro de téléphone, pas de page Facebook, mais une déclaration de création à la préfecture avec une adresse postale: il existe peu de traces de l'existence de l'association Ahluna, officiellement créée en juin 2014. Son objet: «la défense morale, culturelle, sociale ou économique de la famille traditionnelle, cellule de base fondamentale de la société maghrébine». Un mois après la déclaration en préfecture, avec l'aide de son avocate, maître Pauline Rémy-Corlay, l'association a déposé auprès de la Cour de cassation un mémoire contre le mariage de Mohammed et Dominique, un couple franco-marocain qui s'est marié en novembre 2013 à Chambéry mais dont l'union a été contestée par le procureur général.

«ALIBI»
Le magistrat souhaite que la juridiction suprême se prononce sur cette affaire des conventions bilatérales liant la France à 11 autres pays –  la Pologne, le Maroc, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Serbie, le Kosovo, la Slovénie, le Cambodge, le Laos, la Tunisie et l'Algérie –, n'autorisent pas les couples de même sexe comprenant un.e citoyen.ne d'un de ces pays de se marier. Deux juridictions ont successivement écarté le traité entre la France et le Maroc pour permettre aux deux hommes de se marier, mais le dernier mot reviendra à la Cour de cassation dans quelques semaines.

Plusieurs associations, dont l'Association d'aide, de défense homosexuelle, pour l'égalité des orientations sexuelles (Adheos), ont transmis des observations à la Cour. Mais pour Adheos, il est très étonnant qu'une association comme Alhuna, âgée de quelques semaines à peine, manifeste en un bref laps de temps un intérêt pour cette affaire. «La question d'Ahluna comme association "alibi" de la "Manif pour tous" devant la Cour de cassation se pose légitimement», écrit l'association dans un communiqué.

«ILS SONT CONVAINCUS PAR LES MÊMES IDÉES»
Pour établir ce lien entre les deux organisations, elle relève notamment que l'avocate d'Ahluna est aussi une des avocat.e.s de la «Manif pour tous». «C'est la seule association française à avoir déposé un mémoire contre ce mariage, souligne Frédéric Hay, le président et fondateur d'Adheos. Et comme par hasard, elle est implantée à Bordeaux, la seule ville de France qui a eu sa propre "Manif pour tous" en plus de celle de Paris le 5 octobre. Ahluna est peut-être un paravent qui permet à la "Manif pour tous" de ne pas être en première ligne. Au début de leur mouvement, plusieurs pseudo-associations qui ne représentent qu'elles-mêmes ont été créées. C'est la même stratégie.»

Contactée par Yagg, l'avocate Pauline Rémy-Corlay dément tout lien entre les deux associations, mais pense que «certains des membres d'Ahluna ont certainement dû manifester». «Ils sont convaincus par les mêmes idées», a-t-elle ajouté. Pas d'accointance officielle donc, mais des valeurs partagées. Au Maroc, dont Ahluna défend le modèle, l'homosexualité est passible de trois ans d'emprisonnement.

Photo cbecker-tours

« Face à la mer »: film sur l’homosexualité en Tunisie. Entretien

Tarek Marzougui

Entretien avec Sabry Bouzid 

Quelle était l'inspiration pour votre film ?


Bouzid : C'est parti au moment où on a reçu l'annonce du concours. Pour moi l'image du « couple » est claire, quand on dit « couple », on dit « amour ». J'ai voulu traiter de ce sujet, j'ai voulu m'intéresser à un amour qui serait plus fort qu'un amour « normal ». Donc j'ai choisi l'homosexualité parce que je trouve que c'est un amour qui combat la société, qui combat les clichés. A ce moment-là je n'avais aucune idée sur le sujet, donc j'ai fait beaucoup de recherches et ça m'a encouragé à attaquer la question parce que j'ai rencontré des gens extraordinaires aux histoires très, très différentes mais fortes en émotion. A partir de là, j'ai commencé à faire mes recherches, on a ramené le sujet en Tunisie.

Le court-métrage est une discipline un peu spéciale – on doit faire court, simplifier, condenser une histoire en quelques minutes sans que cela devienne superficiel : Comment décrivez-vous les spécificités d'un court-métrage – quels sont les points sur lesquels il faut faire attention ?


Bouzid : Il faut être simple et précis. Il faut choisir un intérimaire. Dans un court-métrage comme dans un long-métrage il doit y avoir un début et une fin – il faut une histoire, je parle d'une histoire complète, qui a ses conflits, ses débats, tous les paramètres d'une histoire d'un long-métrage. Le challenge était de garder l'émotion et de faire comprendre qu'il s'agit d'une histoire à part entière. Mais ça reste dur de faire un court-métrage, parce qu'il y a tellement de choses que tu veux dire mais tu n'y arrives pas, parfois tu as envie d'ajouter un élément, mais tu ne peux pas. J'ai envie de faire un long-métrage sur l'homosexualité, j'ai réuni beaucoup de témoignages, et dans le cadre de ce film j'aimerais également parler de la paternité. Ce sont des gens très aimants, qui souffrent du regard de la société donc ils font tâche, par conséquent dès que tu les rencontres tu découvres des personnes très tendres, à l'esprit ouvert, qui ont des principes très ancrés.


Sabry Bouzid
Face à la mer
Fiktion


Quel était le plus grand défi pendant la préparation et pendant le tournage du film ?


Bouzid : Il y en avait beaucoup, parce que c'est un film très ambitieux qui parle aussi du corps. Le plus difficile c'était de trouver les bons acteurs. Par ailleurs, il y avait le problème avec ma famille : dès qu'ils ont appris que je traitais de ce sujet ils ont pris peur. « Pourquoi tu fais ça, ça va te causer des ennuis, qu'est-ce qu'on va dire de nous… ». Mais après avoir lu le scénario, ils m'ont soutenu et même accepté de jouer dans le film. J'avais trois semaines de préparation, et tout est tombé à l'eau, mes acteurs m'ont laissé tomber, je n'avais plus de décors, la moitié de mon équipe est partie en voyage ou en stage. J'ai donc dû changer le scénario en une journée, en gardant ce qu'il fallait garder. Ces contraintes-là te poussent à te surpasser. En principe je suis quelqu'un de maniaque, si quelque chose n'est pas préparée, je ne peux pas la faire. Mais j'ai appris à faire avec ! Ça m'a beaucoup apporté, d'apprendre de dire que ce n'est pas grave si c'est jaune et non pas rouge.

Vous avez déjà suivi 2 ateliers et vous êtes maintenant au troisième – beaucoup d'informations. Quels étaient les conseils qui vous ont fait le plus avancer?
Bouzid : Il y a une phrase culte de Véro et Nina, c'est « Kill your darlings ». Tout ce que tu aimes, tu dois le tuer pour pouvoir avancer. Il faut prendre beaucoup de recul et être réactif. Il ne faut pas prendre ce qui est écrit à la lettre, comme quelque chose de fini, au contraire il faut avancer au-delà de ça, garder l'essentiel et ne pas s'éloigner du but. C'est très important parce qu'on a beaucoup d'idées lorsqu'on commence, beaucoup de références. Les encadreurs sont des gens très draconiens, s'ils pensent que c'est de la merde, ils vont te le dire. Aujourd'hui, j'ai dû enlever deux séquences de mon film. Au début je n'y croyais pas. Ce sont mes séquences ! Mais après quand je l'ai vu, ça marchait très bien ! Il ne faut pas avoir peur de réécrire. Le scénario à tourner était la douzième version…

Après : Qu'est-ce que vous auriez changé ? Qu'est-ce que vous feriez différemment la prochaine fois ?


Bouzid : Pendant le tournage et pendant la préparation et maintenant pendant le montage j'ai appris beaucoup de choses sur moi-même, en tant qu'être humain et réalisateur. Je me rends compte qu'il faut savoir laisser un peu de liberté aux acteurs, il faut gérer son équipe, il ne faut pas que l'équipe se sente rejetée ou malmenée, il faut vraiment les engager dans le projet et les convaincre de te pousser à bout. Pour ma part, j'étais chanceux, j'avais une équipe très forte, ils m'ont toujours supporté malgré des heures de tournage et beaucoup de double-journées. 
Il faut aussi savoir faire un bon casting, et ne pas prendre les choses comme définitives. Surtout en ce qui concerne les rapports humains, les contrats moraux. Le contrat moral, en Tunisie ça ne passe pas.

Que tirez-vous de l'atelier ?


Bouzid : Beaucoup de choses ! L'écoute surtout, savoir que le jugement de ton œuvre n'est pas jugement de ta personne, qu'au contraire, quelqu'un qui te critique, c'est quelqu'un qui croit en toi et qui te pousse parce qu'il veut te faire avancer, qui te montre un chemin différent de ce que tu vois, ce qui peut être utile. Il faut savoir léguer, faire confiance, à ton cadreur, à ta maquilleuse ; j'ai du mal à faire ça, je veux tout gérer moi-même.
Je pense qu'au final, j'ai fait un film dont je suis très fièr. J'ai remarqué que je ne peux pas faire autre chose. Je ne peux être que réalisateur, scénariste, ça reste le plus beau métier au monde.

Interview : Sarah Alina Grosz
Traduction: Gudrun Meddeb

Casablanca: Conférence "L'education sexuelle chez les jeunes" avec Doc Samad

A l'occasion de La Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA, DOC SAMAD s'adressera à la communauté estudiantine de l'UIC pour débattre autour du thème suivant de l'éducation sexuelle chez les jeunes, le vendredi 28 novembre à 16h à l'auditorium 1 (Université Internationale de Casablanca).

Maroc: Pour une « génération sans Sida »

Sidaction Maroc : Pour une « génération sans Sida »
L'Association de lutte contre le Sida (ALCS) lance, lundi prochain, sa campagne Sidaction. Un mois pour sensibiliser la population marocaine, notamment les jeunes, et collecter des fonds alors que le nombre d'infections ne cesse d'augmenter.

Tous les deux ans revient la campagne nationale Sidaction Maroc. L'édition 2014 est la cinquième du genre. Elle se tient du 1er au 24 décembre. L'objectif reste de diffuser, au public le plus large, des messages de sensibilisation et de prévention du Sida.

Selon une estimation de l'ALCS, 31.000 personnes sont atteintes du VIH dans le pays (0,14% de la population). Chaque année, 1.400 décès liés au VIH/Sida sont à déplorer.

Ces chiffres sont plus inquiétants quand l'ALCS précise que 51% des personnes vivant avec le virus au Maroc sont âgés entre 15-34 ans. La campagne du Sidaction 2014 vise donc à inciter les jeunes à passer par la case dépistage. Pour la professeur Hakima Himmich, présidente de l'ALCS, « les jeunes représentent l'avenir de notre pays. Il est important de tenir le cap d'une génération sans Sida ».

Sidaction 2014 est donc essentiel car beaucoup ne connaissent pas exactement comment se protéger du VIH/Sida. Le devoir d'information auprès de la jeunesse marocaine est de taille pour assurer sa protection.

Au Maroc, le nombre estimé de nouvelle infections est toujours élevé, avec 3.100 nouveaux cas chaque année. De plus, les diagnostics continuent à être faits à un stade tardif dans plus de la moitié des cas.

Professeur Hakima Himmich, présidente de l'ALCS.

Le Sidaction a également pour objectif de lutter contre la stigmatisation des personnes séropositives.


LA GRAND-MESSE DU SIDACTION

La soirée spéciale du 5e Sidaction Maroc aura lieu le vendredi 19 décembre en direct sur 2M. Choumicha et Ali Baddou animeront l'émission, avec Momo de Hit Radio qui sera en duplex du call center qui recevra les promesses de dons. Ce sommet de la campagne 2014 se concentrera autour de reportages, de témoignages, d'interventions d'experts en plateau mais également de moments musicaux et humoristiques. Les artistes Saad Lamjarred, Issam Kamal, Fatima Zahra Laaroussi, Ecko, Driss Roukhe, Meriem Zaimi, Omar Cherif, Saida Charaf, Ahmed Chawki ou encore Sami Ray se sont associés à cette soirée de lutte contre le Sida.

La collecte de dons du Sidaction 2014 ne se cantonne pas à la soirée du 19 décembre. Toutes les bonnes volontés sont invitées à faire un don sur le compte Bank Al Maghrib, ALCS-Sidaction BAM 2222, par virement, versement de chèques ou dépôt d'espèces. Comme chaque année, les donateurs peuvent faire un don en ligne, par sms au 9494 ou au 05 29 043 043. Des urnes de collecte de fonds seront également disposées dans les cinq grands aéroports du pays.

Le Maroc est le deuxième pays au monde à organiser une telle campagne, après la France. L'ALCS est la première et la plus importante association de lutte contre le Sida dans la région MENA.

L'ALCS a obtenue le Label de bonne gouvernance délivré par Vigeo. Pour répondre toujours plus à la volonté de transparence voulue par le public, un comité d'experts comptables et de juristes s'assurera de l'utilisation des fonds récoltés lors de la campagne. Une partie de ces fonds sera distribuée aux 19 sections de l'ALCS et aux 28 centres de dépistage gratuit à travers le pays mais également à certaines associations qui travaillent à la prise en charge des personnes vivant avec le VIH (médicaments, médiation thérapeutique, examens radiologiques, transports des patients, …).

Lors de la précédente édition, en 2012, la grande collecte de fonds lancée par le Sidaction avait permis de récolter plus de 10,5 millions de dirhams. Mais la professeur Hakima Himmich reconnaît que cette collecte ne représente qu'une partie des fonds que l'ALCS alloue à la lutte contre le Sida. De fidèles sponsors permettent à l'association d'aider au quotidien les personnes séropositives et mener des actions régulières de dépistage à travers le pays.

Hakima Himmich ajoute que « le pourcentage de personnes porteuses du virus qui connaissent leur statut est de seulement 28% (8.705) d'où l'importance d'aider l'ALCS dans ses activités de dépistage. En 2013, l'ALCS a effectué 70.625 tests, dont 542 se sont relevés positifs.

M.C.

El Shad, le magazine pour les lesbiennes, gays, bisexuels et transexuels algériens

el shad

Le 20 novembre dernier est sorti le premier numéro d'El Shad, le premier magazine qui s'adresse à la communauté LGBT en Algérie. Diffusée sur le net et gratuite, cette revue trimestrielle aborde des problématiques mises au ban de la société dans un pays où l'homosexualité est encore criminalisée aujourd'hui. Nous avons interviewé un de ses fondateurs, O. Harim. 


O. Harim, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer ce qui vous a mené à créer ce magazine, qui est le premier magazine s'adressant à la communauté LGBT en Algérie? 

En réalité nous sommes trois à l'origine de ce magazine, Sapho, S. P. et moi. On a tous commencé à militer pour les droits LGBT en créant l'association Alouen en 2011. C'est ensuite que l'idée du magazine nous est venue, car nous sommes le seul pays maghrébin à ne pas en avoir. Il existe un magazine lesbien algérien qui s'appelle Lexo Fanzine qui a été créé il y a longtemps par un membre d'ALouen, mais pas de magazine parlant à toute la communauté LGBT.


Vous adressez-vous seulement à la communauté LGBT et cherchez-vous à toucher un public plus large ? 

Bien sûr, nous nous adressons en premier lieu à la communauté LGBT pour leur dire que leur différence n'est pas une tare, que l'on est tous différent et qu'il faut s'accepter comme on est. Mais je tiens à préciser que nous ne sommes pas les portes-parole d'Alouen. Nous donnons la parole et nous nous adressons aussi à des gens qui n'appartiennent pas à la communauté LGBT, comme avec notre ABCD de la Transsexualité dans le premier numéro de la revue. La transsexualité est une problématique sociétale qu'il faut amener à la connaissance du public algérien. Ce n'est qu'en faisant connaître ces problématiques que l'on peut faire accepter la différence.


Pourquoi ce nom, "El Shad" ? 

Le mot "shad" était au départ utilisé par les hétérosexuels pour désigner les homosexuels, car il signifie "anormal". Nous avons choisi ce nom car nous revendiquons cette anormalité, au même titre que tout le monde est anormal. Il est aussi anormal d'être blond, roux, blanc ou noir qu'homosexuel. Ce nom a beaucoup suscité le débat car "shad" est une insulte reprise par la presse arabophone. Mais nous voulions justement nous réapproprier ce terme dans le but de montrer aux lecteurs que "l'anormalité" est normal et que la différence est une richesse.


Pensez-vous que votre magazine peut marcher et trouver son public en Algérie? 

Je pense que si on n'y croyait pas, on ne l'aurait pas fait ! Ce sont des petites rivières comme ce projet qui font les grands fleuves. El Shad veut parler aux lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, pour leur dire que des gens comme eux peuvent réussir. Des jeunes se suicident à cause de la pression sociétale, nous voulons que ces drames s'arrêtent. Nous sommes bien conscient que ce magazine ne va pas changer les lois et la société du jour au lendemain, mais c'est avec de petites initiatives comme celle-là que le regard des gens peut changer au fur et à mesure.


Le premier numéro d'El Shad est sorti symboliquement le 20 novembre, Journée Internationale du Souvenir Trans, et aborde la thème de la transsexualité. De quoi parleront les prochains numéros ? 

El Shad est un magazine trimestriel, le second numéro sortira en février prochain. On y parlera d'amour, pour montrer que, contrairement aux clichés, l'homosexualité n'est pas qu'une histoire de sexe, mais, comme pour tous les couples, de sentiments, de tendresse, etc. Le prochain numéro sera bilingue français / arabe pour toucher un plus large public.